La force du destin

Le dernier concerto de Beethoven est l’empereur des concertos. Ecrit en 1809 alors que Vienne est bombardée puis occupée par les Français, le Concerto n°5, dédié à l’Archiduc Rodolphe, est imprégné du fracas militaire de l’époque.

 

Éclatant, plein d’une intense jubilation, et en même temps mystérieux et profond, l’Empereur a conquis le monde entier, par sa seule richesse musicale. Le jeune pianiste d’origine suisse et chinoise Louis Schwitzgebel,  qui se produit encore bien trop rarement en France, sera l’interprète de ce monument qui illustre le génie total de Beethoven. Sous la baguette de Thierry Fischer, l’Orchestre National des Pays de la Loire propose ensuite l’éblouissante Symphonie n°5 de Tchaïkovski. Nostalgique et puissante, elle reprend dans chaque mouvement le thème du destin cher au compositeur qui culmine avec de magnifiques sonneries de cuivres.

 

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Schumann, le romantique 4

Beethoven s’est souvent assimilé au titan Prométhée, connu dans la mythologie pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue et pour le vol du feu sacré de l’Olympe qu’il rendit aux humains. Courroucé par sa ruse, Zeus le condamna à être attaché à un rocher, son foie se faisant dévorer par un aigle chaque jour et renaissant la nuit.

 

Dans l’ouverture du ballet Les créatures de Prométhée, le jeune Beethoven se fait lui aussi voleur de feu, dérobant à ses aînés la flamme sacrée pour mieux incendier sa propre musique. Autre œuvre de jeunesse, la Première symphonie de Schumann est composée dans l’euphorie qui suit son mariage avec Clara. Cette partition pleine de gaité témoigne des années de bonheur du compositeur avant le silence que lui imposera la maladie quelques années plus tard.

Composé en 1804, durant une période féconde pour Beethoven, le Triple Concerto combine de longs passages plein d’allégresse et quelques moments plus mélancoliques. Il exige des solistes de haut niveau, unis par une grande complicité. Sous la direction de Pascal Rophé, c’est le Trio Jade qui relèvera ici le défi.

Voyage en Italie

Friand de nouvelles symphonies, le public parisien des années 1780 attendait avec impatience les dernières œuvres de Haydn. L’humour et l’énergie du compositeur plaisaient follement. La Symphonie n°88 est l’une des plus célèbres, elle fait partie des cinq que le compositeur dédia à la capitale française après les six parisiennes proprement dites.

 

La personnalité secrète de Kaija Saariaho se révèle dans le concerto pour flûte L’Aile du songe, inspiré de Saint-John Perse. Une de ses complices de longue date, Camilla Hoitenga sera l’interprète de ce concerto qu’elle a elle-même créé et nous entraînera dans un jeu de virtuosité entre la flûte soliste et l’orchestre.

Œuvre gaie et légère, composée lors d’une escale du compositeur en Italie, La Symphonie n°4 de Mendelssohn s’inspire des paysages italiens et des émotions romantiques ressenties par le jeune homme durant son voyage. Achevée en 1833, elle fut longtemps considérée comme la meilleure symphonie du musicien, avant que l’Écossaise, soit à son tour glorifiée. Ces concerts seront dirigés par Clément Mao Takacs, l’une des étoiles montantes de la nouvelle génération de chefs d’orchestre.

Schumann, le romantique 3

Schumann aborda Manfred, célèbre personnage de Lord Byron hanté par son amour malheureux, pendant son ultime époque créatrice, six ans avant son internement. Terrassé par ses propres hallucinations, il ne put assister à la création du poème symphonique.

 

Cette ouverture annonce l’ombre solitaire du violon du Premier concerto de Chostakovitch. Lui aussi déploie un lyrisme douloureux dans la célèbre Passacaglia du troisième mouvement. Chostakovitch a composé cette partition remarquable en 1949 mais l’a gardée secrète jusqu’à la mort de Staline. C’est un de ses chefs-d’œuvre qui sera ici interprété par la jeune violoniste russe Alena Baeva.

Pour clôre ce programme, la Symphonie n° 3 « Rhénane », la dernière que Schumann est composée, glorifie le Rhin avec un élan et une sève ancrés dans la religiosité germanique et le panthéisme romantique. À la tête de l’ONPL, le grand chef espagnol Jesus Lopez-Cobos fera briller de tous ses feux les éclats de cette musique romantique.

Faust-Symphonie

L’univers de Kaija Saariaho est profondément empreint d’onirisme, et ce programme met en avant la rêverie dans l’œuvre de la compositrice. Laterna magica constitue une méditation sur la lumière à partir de l’autobiographie du cinéaste Ingmar Bergman.

 

Avec Roméo et Juliette et Don Juan, Faust est sans aucun doute un des mythes qui a le plus inspiré les compositeurs. Terminée en 1854 et dédiée à Hector Berlioz, la Faust-Symphonie de Liszt s’articule en trois mouvements – Faust, Marguerite et Méphistophélès – et dresse un des portraits les plus saisissants du mythe de Goethe. Cette œuvre puissante résume les états d’âme de Faust et révèle la double nature qui se trouve en chacun de nous. À la fin de cette partition magistrale, l’orchestre s’amplifiera des voix masculines des Chœurs pour célébrer dans un hymne panthéiste l’Eternel féminin. Le rouet de Marguerite dessine une courbe sur laquelle les hommes se perdent et se retrouvent sans cesse.

Schumann, le romantique 2

Les Variations sur un thème de Haydn de Brahms est une des premières grandes œuvres symphoniques du compositeur. La magnifique Passacaille du dernier mouvement annonce le majestueux finale de la Quatrième Symphonie.

 

Compositeur, organiste et improvisateur, Thierry Escaich est une figure unique de la scène musicale contemporaine et l’un des représentants majeurs de la nouvelle génération de compositeurs français. Commande de l’Orchestre National de Lyon et de l’Orchestre de chambre de Paris, son Concerto pour clarinette sera interprété par Paul Meyer, le plus grand clarinettiste français d’aujourd’hui. Deux talents complémentaires à découvrir absolument !

Suivra la saisissante et tourmentée Symphonie n°2 de Schumann dont il disait : « Je crains qu’on puisse deviner mon état de fatigue en écoutant cette musique ». A la tête de l’ONPL, Marzena Diakun, chef assistante de l’Orchestre Philharmonique de Radio France s’empare de cette pièce phare du compositeur allemand, au sommet de son génie créatif.

Nuit de fêtes

Ces concerts débutent avec l’Ouverture d’Egmont de Beethoven qui était passionné par l’œuvre de Goethe, icône d’un Romantisme naissant et fervent défenseur des libertés humaines.

Cette ouverture est une pièce chérie des orchestres. Elle porte en elle toute la fougue d’un homme encore jeune et tous les germes du Beethoven des dernières œuvres symphoniques. Grand admirateur de Beethoven, Schubert compose sa Symphonie n°4 alors qu’il n’est âgé que de 19 ans. On doit son épithète Tragique, au premier mouvement qui est marqué par une aura mélancolique. Dvorak dira qu’elle « possède le même pouvoir que les lourds nuages traversés d’éclats de soleil ».

Tout comme l’Egmont de Beethoven, La première Nuit de Walpurgis est inspirée d’un poème de Goethe. Dans cette œuvre, Mendelssohn met en scène un rite païen germanique, prohibé par les chrétiens, et qui célèbre la Nature au moment de la Sainte Walpurge. Ces concerts seront dirigés par le chef d’orchestre allemand Alexander Liebreich, directeur artistique de l’Orchestre Symphonique National de la Radio Polonaise à Katowice.

Éternité

Invitée de L’Orchestre National des Pays de la Loire, Béatrice Berrut propose le Premier Concerto pour piano de Liszt. Au cœur de cette œuvre magnifique, coexistent des moments d’explosion cataclysmique avec des instants de grâce où le temps semble suspendu.

 

Portées par une foi profonde, les symphonies de Bruckner se dressent telles des cathédrales, et la Septième est peut-être la plus monumentale d’entre elles. L’Adagio est un hommage à Wagner. Apprenant la mort du maître de Bayreuth en février 1883, Bruckner, profondément affecté, aurait rajouté à la partition l’épilogue funèbre final conçu comme un in memoriam, particulièrement émouvant. L’Orchestre National des Pays de la Loire aura le plaisir de retrouver Theodor Guschlbauer. Pour ce chef d’orchestre, Bruckner est le compagnon de toute une vie. C’est peu dire qu’il connaît cette musique qu’il a dirigée dans le monde entier.

Apothéose de la Symphonie

Fidelio est l’unique opéra de Beethoven. Mais, il lui a demandé autant de travail que trois. Publié et joué à Vienne en 1805 sous le titre Leonore ou le Triomphe de l’amour conjugal, il fut remanié à plusieurs reprises avec chaque fois une nouvelle Ouverture. La première n’ayant jamais été jouée du vivant du compositeur, c’est la seconde version qui fut abordée lors de la création. Dans la troisième version, la plus développée, l’énergie et l’espérance de Beethoven sont portées à leur plus haut degré d’accomplissement.

 

En février 1901, Gustav Mahler frôle la mort. Il récupère rapidement, mais l’expérience le conduit à composer, dans sa retraite des Alpes, sa Cinquième Symphonie. À la fin de l’année, il rencontre celle qu’il va bientôt épouser : Alma Schindler. Achevée durant l’été 1902, la symphonie retrace cette période mouvementée, de la Marche funèbre initiale au finale, hymne resplendissant à la nature. Au centre de la partition, Mahler chante son amour pour Alma dans le sublime Adagietto, que Leonard Bernstein dirigea lors des obsèques de John Kennedy et que Luchino Visconti rendit célèbre par son film Mort à Venise.

Schumann, le romantique 1

Alors qu’il visitait les îles Hébrides au large de la côte écossaise, Mendelssohn s’inspira de la mystérieuse grotte de Fingal pour composer L’Ouverture des Hébrides. Cette page commence dans des couleurs sombres qui évoquent le mystère de la mer. Ce thème, largement développé et transformé, nourrit l’ouverture tout entière et culmine avec les cordes, évocation très évidente des échos que répercutent les parois de la grotte frappées par les flots.

 

Kaija Saariaho a beaucoup écrit pour le violoncelle qu’elle utilise de manière novatrice. Dédicataire du Concerto Notes on light que l’on entendra lors de ces concerts, Anssi Karttunen sera l’interprète de cette partition raffinée et sensuelle qui est, sans aucun doute, l’une des premières pièces majeures du répertoire concertant du violoncelle dans ce jeune 21e siècle. Interprète des états sublimes de l’âme et du cœur, tels que les exaltait le romantisme, Robert Schumann fit de son œuvre une longue confession. Dans la Quatrième symphonie il expose sans ambiguïté sa volonté de dépasser le cadre classique. Ces concerts seront placés sous la direction du chef d’orchestre espagnol Ernest Martinez Izquierdo.