Messe du couronnement

Les maîtres du classicisme viennois sont réunis pour ces concerts placés sous la direction de Ton Koopman. L’ouverture monumentale de la Suite n°3 de Bach rappelle les fastes du Grand Siècle français mais, c’est bien la beauté fragile de la célèbre Aria qui domine l’oeuvre. 1792, Haydn est en deuil, il vient de perdre un ami, son égal. La mort tragique et soudaine de Mozart affecte profondément le compositeur qui lui rend un hommage musical spontané. La Symphonie n°98 est créée 4 mois après la disparition du génie, à Londres qui le connut enfant et où il projetait un retour maintes fois repoussé. Quelques mois avant sa mort, Mozart avait composé l’Ave Verum Corpus, un court motet qui constitue une magnifique page de musique sacrée. Tout comme La Messe du Couronnement, écrite en l’honneur de la fête commémorative du sacrement de la Vierge miraculeuse du sanctuaire de Maria Plain. Créée en la Cathédrale de Salzbourg, l’oeuvre connut un succès immédiat. Au coeur de cette ample composition, le magnifique Agnus Dei de la soprano est d’une beauté à couper le souffle avant que le choeur et les solistes, avec l’aide des cuivres en fanfares, ne déploient le faste du final. Grandiose !

Rêves d’hiver

A commencer par le sublime Cygne du Carnaval des animaux, Saint-Saëns a laissé au violoncelle quelques pages d’une profondeur poignante comme le Premier concerto, partition brève mais dense où le soliste prend la parole dès le début pour ne plus la perdre. Il faudra toute la flamme du violoncelliste allemand, Alban Gerhardt pour défendre l’autorité d’une telle œuvre, notamment dans le superbe Allegretto central. Sous-titrée Rêves d’hiver, la Première Symphonie de Tchaïkovski porte en germe les éléments constitutifs de la pleine maturité du compositeur. Toute la mélancolie tchaïkovskienne est déjà présente dans cette magnifique peinture de l’âme inspirée par la contemplation des plaines russes enneigées. Ces concerts seront dirigés par Maxim Emelyanychev qui appartient à la génération montante des jeunes chefs d’orchestre.

La Résurrection

Avec la Deuxième Symphonie de Mahler, Pascal Rophé entraîne le Choeur de l’ONPL et l’orchestre dans un tourbillon de sentiments et de drames d’une ampleur inédite. Créée en 1885, elle demeure emblématique de l’art du compositeur. C’est en assistant aux funérailles du chef d’orchestre Hans von Bülow et en entendant le Choeur entonner « ressusciter » que Gustav Mahler eut l’idée de la conclusion de sa deuxième symphonie dont l’élaboration s’était montrée particulièrement longue et difficile. Il faut dire que les dimensions de l’oeuvre n’ont rien de banal : cinq mouvements offrant de précieux contrastes et un final d’une ampleur cosmique où le Choeur intervient dans une progression dramatique d’un poids émotionnel sans égal. Au terme d’une longue interrogation sur la vie et la mort, la résurrection triomphe, laissant l’auditeur sous le choc.

Le Chant du cygne

Ultime partition de Mahler, on entend souvent de la Neuvième Symphonie qu’elle est son testament. Mais le compositeur à peine âgé de cinquante ans se sentait-il prêt de mourir en l’écrivant ? Si l’oeuvre constitue bien un adieu à la symphonie – la suivante reste inachevée – la Neuvième est une célébration de la vie, des richesses de la nature, avec la mort en filigrane. Tout le génie de Mahler est contenu dans ce chant du cygne. Ces concerts seront dirigés par Eliahu Inbal dont l’enregistrement de l’intégrale des symphonies de Mahler est toujours une référence.

Mozart / Bruckner

OEuvre tour à tour lyrique, charmeuse et délicieusement enjouée, le Concerto pour hautbois de Mozart s’ouvre par un allegro de forme sonate classique, qui sait mettre en valeur la virtuosité du soliste. L’adagio qui suit fait entendre un thème à la fois délicat et mélancolique et l’allegretto final nous emmène dans un rondo plein d’esprit et de gaîté, dont le thème principal sera plus tard repris dans L’Enlèvement au Sérail.

Portées par une foi profonde, les symphonies de Bruckner se dressent telles des cathédrales, et la Septième est peut-être la plus monumentale d’entre elles. L’Adagio est un hommage à Wagner. Apprenant la mort du maître de Bayreuth en février 1883, Bruckner, profondément affecté, aurait rajouté à la partition l’épilogue funèbre final conçu comme un in memoriam, particulièrement émouvant. L’Orchestre National des Pays de la Loire aura le plaisir de retrouver Theodor Guschlbauer. Pour ce chef d’orchestre, Bruckner est le compagnon de toute une vie. C’est peu dire qu’il connaît cette musique qu’il a dirigée dans le monde entier.

Rendez-vous avec Beethoven

Les couleurs éclatantes des Danses populaires roumaines de Bartok évoquent avec un charme inouï les confins de l’Europe. La splendeur de l’orchestre restitue l’héritage de Liszt et celui des artistes itinérants des peuples du Danube.

La 2e Symphonie de Beethoven est «le dernier témoignage de la culture classique, de sa simplicité et de sa clarté, en face du romantisme
qui s’annonce et pour qui nul autre que Beethoven ne devait frayer la voie d’une façon plus déterminante.»

 

Les Résidences de l’ONPL en Anjou, à la découverte de la musique symphonique.

Un évènement du Département, de l’ONPL et de Mauges Communauté

La force du destin

Le dernier concerto de Beethoven est l’empereur des concertos. Ecrit en 1809 alors que Vienne est bombardée puis occupée par les Français, le Concerto n°5, dédié à l’Archiduc Rodolphe, est imprégné du fracas militaire de l’époque.

 

Éclatant, plein d’une intense jubilation, et en même temps mystérieux et profond, l’Empereur a conquis le monde entier, par sa seule richesse musicale. Le jeune pianiste d’origine suisse et chinoise Louis Schwitzgebel,  qui se produit encore bien trop rarement en France, sera l’interprète de ce monument qui illustre le génie total de Beethoven. Sous la baguette de Thierry Fischer, l’Orchestre National des Pays de la Loire propose ensuite l’éblouissante Symphonie n°5 de Tchaïkovski. Nostalgique et puissante, elle reprend dans chaque mouvement le thème du destin cher au compositeur qui culmine avec de magnifiques sonneries de cuivres.

 

Pour le concert de Trélazé, un service de bus au départ d’Angers vous est proposé au tarif de 6€ aller/retour par personne

Renseignements et réservations au : 02 41 24 11 20

 

 

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Schumann, le romantique 4

Beethoven s’est souvent assimilé au titan Prométhée, connu dans la mythologie pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue et pour le vol du feu sacré de l’Olympe qu’il rendit aux humains. Courroucé par sa ruse, Zeus le condamna à être attaché à un rocher, son foie se faisant dévorer par un aigle chaque jour et renaissant la nuit.

 

Dans l’ouverture du ballet Les créatures de Prométhée, le jeune Beethoven se fait lui aussi voleur de feu, dérobant à ses aînés la flamme sacrée pour mieux incendier sa propre musique. Autre œuvre de jeunesse, la Première symphonie de Schumann est composée dans l’euphorie qui suit son mariage avec Clara. Cette partition pleine de gaité témoigne des années de bonheur du compositeur avant le silence que lui imposera la maladie quelques années plus tard.

Composé en 1804, durant une période féconde pour Beethoven, le Triple Concerto combine de longs passages plein d’allégresse et quelques moments plus mélancoliques. Il exige des solistes de haut niveau, unis par une grande complicité. Sous la direction de Pascal Rophé, c’est le Trio Jade qui relèvera ici le défi.

 

 

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Voyage en Italie

Friand de nouvelles symphonies, le public parisien des années 1780 attendait avec impatience les dernières œuvres de Haydn. L’humour et l’énergie du compositeur plaisaient follement. La Symphonie n°88 est l’une des plus célèbres, elle fait partie des cinq que le compositeur dédia à la capitale française après les six parisiennes proprement dites.

 

La personnalité secrète de Kaija Saariaho se révèle dans le concerto pour flûte L’Aile du songe, inspiré de Saint-John Perse. Une de ses complices de longue date, Camilla Hoitenga sera l’interprète de ce concerto qu’elle a elle-même créé et nous entraînera dans un jeu de virtuosité entre la flûte soliste et l’orchestre.

Œuvre gaie et légère, composée lors d’une escale du compositeur en Italie, La Symphonie n°4 de Mendelssohn s’inspire des paysages italiens et des émotions romantiques ressenties par le jeune homme durant son voyage. Achevée en 1833, elle fut longtemps considérée comme la meilleure symphonie du musicien, avant que l’Écossaise, soit à son tour glorifiée. Ces concerts seront dirigés par Clément Mao Takacs, l’une des étoiles montantes de la nouvelle génération de chefs d’orchestre.

 

 

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Schumann, le romantique 3

Nous avons appris il y a quelques jours la triste nouvelle du décès du chef d’orchestre Jesus Lopez Cobos qui devait diriger ces concerts. Il sera remplacé par Josep Pons.

 

Schumann aborde le Faust de Goethe de façon très singulière, bien loin de la façon dont le traitent la plupart de ses contemporains : réduisant la figure du diable et celle de Marguerite, il s’attache au drame de Faust, rendu quasi christique, entre passion et rédemption. Cette oeuvre annonce l’ombre solitaire du violon du Premier concerto de Chostakovitch. Lui aussi déploie un lyrisme douloureux dans la célèbre Passacaglia du troisième mouvement. Chostakovitch a composé cette partition remarquable en 1949 mais l’a gardée secrète jusqu’à la mort de Staline. C’est un de ses chefs-d’œuvre qui sera ici interprété par la jeune violoniste russe Alena Baeva.

Pour clôre ce programme, la Symphonie n° 3 « Rhénane », la dernière que Schumann est composée, glorifie le Rhin avec un élan et une sève ancrés dans la religiosité germanique et le panthéisme romantique.

 

 

 

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