Schumann, le romantique 4

Beethoven s’est souvent assimilé au titan Prométhée, connu dans la mythologie pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue et pour le vol du feu sacré de l’Olympe qu’il rendit aux humains. Courroucé par sa ruse, Zeus le condamna à être attaché à un rocher, son foie se faisant dévorer par un aigle chaque jour et renaissant la nuit.

 

Dans l’ouverture du ballet Les créatures de Prométhée, le jeune Beethoven se fait lui aussi voleur de feu, dérobant à ses aînés la flamme sacrée pour mieux incendier sa propre musique. Autre œuvre de jeunesse, la Première symphonie de Schumann est composée dans l’euphorie qui suit son mariage avec Clara. Cette partition pleine de gaité témoigne des années de bonheur du compositeur avant le silence que lui imposera la maladie quelques années plus tard.

Composé en 1804, durant une période féconde pour Beethoven, le Triple Concerto combine de longs passages plein d’allégresse et quelques moments plus mélancoliques. Il exige des solistes de haut niveau, unis par une grande complicité. Sous la direction de Pascal Rophé, c’est le Trio Jade qui relèvera ici le défi.

Schumann, le romantique 3

Schumann aborda Manfred, célèbre personnage de Lord Byron hanté par son amour malheureux, pendant son ultime époque créatrice, six ans avant son internement. Terrassé par ses propres hallucinations, il ne put assister à la création du poème symphonique.

 

Cette ouverture annonce l’ombre solitaire du violon du Premier concerto de Chostakovitch. Lui aussi déploie un lyrisme douloureux dans la célèbre Passacaglia du troisième mouvement. Chostakovitch a composé cette partition remarquable en 1949 mais l’a gardée secrète jusqu’à la mort de Staline. C’est un de ses chefs-d’œuvre qui sera ici interprété par la jeune violoniste russe Alena Baeva.

Pour clôre ce programme, la Symphonie n° 3 « Rhénane », la dernière que Schumann est composée, glorifie le Rhin avec un élan et une sève ancrés dans la religiosité germanique et le panthéisme romantique. À la tête de l’ONPL, le grand chef espagnol Jesus Lopez-Cobos fera briller de tous ses feux les éclats de cette musique romantique.

Schumann, le romantique 1

Alors qu’il visitait les îles Hébrides au large de la côte écossaise, Mendelssohn s’inspira de la mystérieuse grotte de Fingal pour composer L’Ouverture des Hébrides. Cette page commence dans des couleurs sombres qui évoquent le mystère de la mer. Ce thème, largement développé et transformé, nourrit l’ouverture tout entière et culmine avec les cordes, évocation très évidente des échos que répercutent les parois de la grotte frappées par les flots.

 

Kaija Saariaho a beaucoup écrit pour le violoncelle qu’elle utilise de manière novatrice. Dédicataire du Concerto Notes on light que l’on entendra lors de ces concerts, Anssi Karttunen sera l’interprète de cette partition raffinée et sensuelle qui est, sans aucun doute, l’une des premières pièces majeures du répertoire concertant du violoncelle dans ce jeune 21e siècle. Interprète des états sublimes de l’âme et du cœur, tels que les exaltait le romantisme, Robert Schumann fit de son œuvre une longue confession. Dans la Quatrième symphonie il expose sans ambiguïté sa volonté de dépasser le cadre classique. Ces concerts seront placés sous la direction du chef d’orchestre espagnol Ernest Martinez Izquierdo.

MYTHES ET RÊVERIES

La Valse triste de Jean Sibelius fut interprétée la première fois à Helsinki en 1904. Cette célèbre pièce est tirée de l’adaptation musicale du drame, Kuolema (La mort), qu’avait écrit son beau-frère, Arvid Järnefelt. Suivra une des pièces les plus difficiles du répertoire pour violon : le Concerto pour violon en ré mineur de Sibelius. C’est Kyoko Takesawa, soliste internationalement reconnue, qui interprète ici cette page riche et complexe, dont la texture orchestrale est aussi étoffée que la partie soliste.

Après les couleurs subtiles et brillantes de l’émouvante Suite de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel, nous entendrons Le Boléro. Également intimement liée à l’univers de la danse, cette partition a été composée à la demande d’Ida Rubinstein, grande danseuse du début du 20e siècle. Si cette œuvre est la plus célèbre du compositeur, ce dernier en disait : « Mon chef-d’œuvre ? le Boléro, bien sûr ! Malheureusement, il est vide de musique ». Une affirmation bien mystérieuse ; la pièce est composée de deux phrases mythiques répétées crescendo à un tempo stable. Le résultat est très fort, et la partition figure au panthéon des chefs-d’œuvre du 20e siècle. Ces concerts seront dirigés par Pascal Rophé.

 

 

 

DANSES ET RYTHMES

D’une durée très courte Le Menuet Antique de Ravel est une oeuvre de jeunesse pour piano inspiré du «Menuet Pompeux» des Pièces Pittoresques de Chabrier. L’écriture contient d’ores et déjà des éléments caractéristiques de l’expression ravélienne. Grâce à des effets modaux, le compositeur réussit à recréer dans cette pièce l’esprit des anciens tons religieux. Créé à Paris en 1910, L’Oiseau de feu, inspiré d’un conte populaire russe, a un succès retentissant, permettant au compositeur d’accéder à une notoriété soudaine et écrasante, faisant de lui une des figures intellectuelles et artistiques majeures de ce début de siècle. C’est en pleine composition de cette oeuvre que vint à Stravinski l’idée d’un spectacle en forme de grand rituel païen, où une jeune vierge serait sacrifiée aux divinités telluriques, permettant le retour du printemps. Le 29 mai 1913, la création du Sacre du printemps fut l’un des scandales les plus mémorables de l’histoire de la musique. La partition concentrait toutes sortes de nouveautés déroutantes : une harmonie dissonante, une quasi-absence de mélodies, des fortissimo cataclysmiques, une frénésie du rythme confinant, dans la « Danse sacrale », à la transe. Après le Sacre, plus rien en musique ne fut comme auparavant.

 

 

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MILLE ET UNE NUITS

Le concerto pour clarinette D’Om le vrai sens, composé par Kaija Saariaho est dédié à Kari Kriikku, clarinettiste finlandais qui en sera l’interprète. Le titre de cette œuvre fait référence au sixième sens – le plus secret de tous – dont est doté l’être humain.

Dans la Khovantchina de Moussorgski, intrigues politiques, persécutions religieuses et souffrances d’une nation se mêlent au destin des protagonistes, sous le sceau de l’amour et de la tragédie. Cette œuvre est située à un tournant dans l’histoire de la Russie, quand s’affrontèrent les forces de l’ordre établi et du renouveau. Dès l’Ouverture, la flamme des émotions et des ambitions individuelles s’affirme.

Pour échapper à un destin funeste, Shéhérazade livre à un sultan sanguinaire, nuit après nuit des histoires trépidantes. Dans ce monde fantastique, les apparences sont souvent trompeuses. Lorsque le soir tombe, la musique s’élève et une nouvelle histoire commence. Sous la baguette de Vassilis Christopoulos, Shéhérazade nous plonge dans les mystères de l’Orient et des Mille et une nuits. La musique de Rimski-Korsakov, envoûtante et majestueuse, guide nos pas dans ces contrées lointaines et féeriques.

 

 

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PARIS AU SIÈCLE DES LUMIÈRES

Castor et Pollux de Jean-Philippe Rameau nous emporte dans le tourbillon des passions violentes et contradictoires de quatre personnages : Castor, Pollux, Phébé et Télaïre. Le mythe de l’amour fraternel est ici sublimé par le maître français de la musique baroque. Sur un ton plus léger, Acanthe et Céphise nous dévoile l’étendue insensée de la palette de Rameau, qui anticipe d’une incroyable façon sur celles de Debussy et de Ravel. L’Ouverture d’Acanthe, est l’une des pages les plus délirantes du 18e siècle par ses timbres et sa virtuosité.

Au cœur du programme de ce concert, le Concerto pour flûte, harpe et orchestre de Mozart, grâce à sa gaieté et son énergie, est l’une des pièces les plus populaires du compositeur autrichien. La harpiste Isabelle Moretti sera l’interprète de ce concerto aux côtés de la flûtiste Juliette Hurel.

Bruno Procopio dirigera également la Symphonie à dix-sept parties de François-Joseph Gossec, partition majeure de la symphonie romantique française à l’époque de Napoléon. Entre classicisme et premier romantisme, la virtuosité énergique de Gossec s’impose à nous.

 

 

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MÉDITATIONS

La première partie de ces concerts s’ouvre sur une œuvre orchestrale aux accents mystiques composée par la Finlandaise Kaija Saariaho. Orion s’inspire du chasseur géant de la mythologie grecque transformé par Zeus en une poussière d’étoiles.

Blessé lors de la Première Guerre mondiale et amputé du bras droit, le pianiste autrichien Paul Wittgenstein poursuivit néanmoins une carrière de soliste manchot. Il commanda aux plus grands compositeurs de son temps des œuvres pour la main gauche. Prokofiev lui proposa un concerto d’une difficulté technique extrême. C’est avec beaucoup de plaisir que nous retrouverons Roger Muraro. Son jeu tout en nuances et son énergie rayonnante en font un invité régulier de l’Orchestre National des Pays de la Loire.

Strauss considérait Ainsi parlait Zarathoustra comme son œuvre la plus aboutie. Connue dans le monde entier grâce au film culte de science-fiction 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, le Prologue évoque le lever du soleil et le réveil de Zarathoustra. La composition reprend des thèmes chers à Nietzche dont Strauss s’était inspiré : la nature, le surhomme, la création…

 

 

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Concert Étudiants à 2€

Un concert symphonique au Stadium Pierre Quinon –  Campus du Tertre à Nantes / Entrée 19, boulevard Guy Mollet (en face de la station Total)

 

Ce concert sera présenté par le musicologue Nicolas DUFETEL

 

Avec Quatre interludes marins, Britten nous transporte dans un petit port de pêche du Suffolk, de l’aube à la nuit, aux sons des vagues, des cloches d’églises et d’une puissante tempête.

Génie de l’écriture pour orchestre disparu en mai 2013, Henri Dutilleux, né à Angers, avait composé ses Métaboles pour l’Orchestre de Cleveland. Il s’agit de son œuvre la plus colorée et la plus séduisante. Son auteur la qualifiait de « concerto pour orchestre ».

Pascal Rophé dirigera également La Mer qui est certainement l’œuvre la plus représentative du génie de Debussy. Symphonie aux titres évocateurs : « De l’aube à midi sur la mer »« Jeux de vagues » et « Dialogue du vent et de la mer » elle fut mal accueillie lors de sa création en 1902. Pourtant, La Mer ne tarda pas à s’imposer comme un chef-d’œuvre puisqu’elle reste, avec le Boléro de Ravel, l’œuvre française la plus jouée au monde.

 

Achat des places dans les restaurants universitaires la semaine précédent le concert, à la billetterie de l’ONPL et, sur place, le soir du concert.

 

 

Les planètes

Oniriques, éruptifs, les larges paysages sonores d’Aufgang sont habités par une quête de clarté dont le soliste ouvre la voie à l’orchestre. Pascal Dusapin précise à propos du titre de son concerto :« L’image la plus proche de mon intention reste celle d’une levée de lumière (Aufgang des Lichts) ». Cette œuvre, qui a été révélée au public le 8 mars 2013 à la Philharmonie de Cologne, sera ici reprise par la violoniste Carolin Widmann. La suite symphonique Les Planètes reste encore aujourd’hui l’œuvre la plus populaire de Gustav Holst. C’est également l’une des œuvres les plus marquantes du 20e siècle. Son esthétique très proche des musiques de films a fasciné bon nombre d’artistes du septième art. Dans les années 1910, les effets harmoniques et rythmiques que Holst imagine avec des lointaines psalmodies portées par le Chœur de l’orchestre sont révolutionnaires. Des décennies plus tard, John Williams aura retenu la leçon pour sa propre saga des Star Wars !

 

 

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